L’Auberge des blogueurs

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Il était une fois « Le jeu de rôle littéraire de l’été 2020 », l’Auberge des Blogueurs

Dans une unité de temps et de lieu, les pensionnaires et membres du personnel d’une auberge au bord d’un lac jurassien tiennent leur journal intime[1] durant l’été 2020. Chaque participant·e incarne un personnage, imaginé par elle/lui ou par les organisateures du jeu (dits les aubergistes) si vous préférez leur confier cette mission. © Kozlika

J’ai été séduit par l’idée. J’ai participé…

Je n’avais pas participé à la version précédente, l’Hôtel des blogueurs. Je n’en avais même pas suivi les aventures, ni lu les contributions… Mais j’ai eu envie de me lancer, d’écrire, de partager des mots, des sentiments, une histoire. Voilà : j’ai surtout eu envie d’écrire à nouveau. Sans prétention. Prendre le temps de développer mes ressentis, mes sentiments… Poser des mots… Tenter de faire vivre à l’air libre une certaine musique intérieure… Avec une contrainte à laquelle je ne m’étais jamais confronté : incarner un personnage. Le créer. En définir le caractère. L’intégrer dans une vie de groupe. Tenter la fiction.

J’ai créé un personnage. Dont je ne savais quasiment rien au moment de mon inscription. Une seule chose m’amusait a priori – même si je n’avais aucune idée de la façon dont j’allais lui donner vie – c’était de jouer un emmerdeur, caustique, amateur de ragots, désagréable, acide… mais aussi pédant et arrogant. Un mélange de Tulius Detritus et de Fabrice Lucchini.

En clair, un personnage désagréable.

Mais c’est parfois dur de tenir ce rôle sur la durée. Alors j’en ai fait quelqu’un de mal dans sa peau, qui est agressif pour cacher ses fragilités, ses blessures, ses doutes, ses incohérences.

L’aspect le plus personnel a évidemment été l’évocation par Côme de la perte de sa Maman. Etait-ce seulement Côme qui racontait ? Bien sûr que non…

J’ai écrit deux billets sur ce thème. Une sorte d’exorcisme. Dans le monde réel, je n’ai pas vécu la même chose. Sauf que je n’ai pas encore totalement réussi à effacer l’idée que Maman est partie toute seule, alors que la camionnette des pompiers arrivait devant la porte de l’hôpital. Ce jour-là, il y a un an, il faisait nuit, il faisait froid et il pleuvait. Et Maman était toute seule. Je lui avais parlé une heure avant, juste avant de faire le 15, mais je n’ai pas eu le temps de lui dire une dernière fois que je l’aimais.

Maman, toute seule, dans le froid et la pluie. Sans un visage connu près d’elle. Abandonnée ? J’ai beaucoup de mal à me défaire de cette idée même si je sais qu’elle n’est pas rationnelle. Que ce n’est pas la réalité. Que maman elle-même m’engueulerait si elle me lisait… Comme si la seule réalité du chagrin n’était pas déjà assez difficile à supporter, je culpabilise pour quelque chose qui n’est pas. Qui objectivement n’a jamais existé. Mais dont la représentation imaginaire me taraude…

J’ai fait parler mon personnage de sa solitude, de ses problèmes de poids, des ses amours heureuses (que j’ai sacrément romancées…) et des amours sans joie. Mais était-ce bien « mon personnage » ?

Je n’ai pas totalement réussi à fictionner. D’ailleurs, je me suis (semble-t-il) fait démasquer très rapidement. Mais c’est un choix assumé, car pour donner une certaine consistance à Côme, il fallait que je puisse créer sa psychologie… Je n’ai pas suffisamment de talent ni de recul pour partir d’une feuille blanche et par le jeu d’un délicat origami mental, donner vie à un inconnu dont je ne serais que le marionnettiste…

Je pense que, si je participe un jour à un autre jeu littéraire de ce genre, je pourrai me nourrir de cette expérience et aller explorer d’autres territoires intérieurs. Pour pouvoir vraiment respecter la contrainte du genre : tenter la fiction

Oublier Garfieldd,

M’oublier moi.

Et peut-être imaginer pouvoir incarner quelqu’un de beau, beau, beau et con à la fois

9 réflexions au sujet de « L’Auberge des blogueurs »

  1. J’ai connu cette culpabilité. A l’époque la psy de l’hôpital m’a dit que c’était quasiment toujours comme ça. Les gens meurt seul. Peut être que la solitude est nécessaire à l’être pour qu’il s’autorise à partir. Tes textes étaient très touchant.

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  2. Un grand merci pour ce très beau personnage ! Pas facile de faire un méchant que l’on a envie d’aimer quand même ! Quand au reste, je ne crois pas à la fiction sans de vraie petit morceau de vie de l’auteur dedans, si minuscule soit-il 😉

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  3. Je ne vais pas te répéter ce que je t’ai déjà dit à propos de certains sujets dans ce billet, je l’ai déjà fait maintes fois. Avant le jeu, pendant le jeu sur le forum sous mon nom de plume et sur le blog avec mon personnage… Ça ferait une fois de trop 😉 Et en plus tu me dirais que ce citer soi-même n’est pas très élégant. ;’D
    Juste hyper content d’avoir partagé ce petit bout de chemin avec toi.
    Des kisses tout plein…

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    • Merci pour tout. Je me suis en fait rendu compte que cette « fiction » m’avait permis de mettre un mot sur quelque chose que je ressentais sans oser le dire, la culpabilité. Maintenant je vais pouvoir avancer un peu puisque je sais quoi combattre…

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