Dégoût et des douleurs…

Il était une fois un mec dégoûté…

Ce matin, en pensant au défi du jour, écrire un texte autour du mot « répugnant » j’ai hésité. La solution de facilité aurait de faire un billet autour de ce que les figurines des « Crados » véhiculaient il y a quelques années. Des figurines que les gamins adoraient et collectionnaient au grand dam des parents. Des histoires de morve, de pus, de fluides nauséabonds d’odeurs pestilentielles, de saleté, de crasse.

J’aurais pu aussi faire littéraire en citant Baudelaire et son poème maudit « Une charogne »

Rappelez-vous l’objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d’été si doux :
Au détour d’un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,

Les jambes en l’air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d’une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d’exhalaisons (…)

(…) Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j’ai gardé la forme et l’essence divine
De mes amours décomposés !

Non, le mec-dégoûté-que-je-suis est vachement plus conceptuel que ça !

Je crois que ce que je trouve vraiment répugnant, ce sont des choses qui existent et qu’on ne peut pas nettoyer d’un coup d’éponge rageur, que l’on ne peut pas effacer à l’aide d’une serpillière, qu’il est impossible désinfecter avec un pchi-pchitte magique… un truc qui tâche, qui s’incruste, qui pourrit, qui gangrène ceux qui se laissent avoir, ceux qui se laissent toucher, ceux qui se laissent contaminer. C’est insidieux. C’est une infection silencieuse, froide et perverse. Ça se cache derrière une caution populiste : « c’est à l’air libre, c’est public, c’est autorisé, ça ne peut pas faire de mal, les gens sont assez grands pour comprendre et pour réagir… » Ça a l’apparence de la respectabilité, costumes croisés, cravates assorties et lunettes d’écaille. Ça se pare des oripeaux de la légitimité médiatique, ça fait de l’audience, ça donne des leçons, ça assène des contre-vérités, ça se vautre dans l’à-peu-près et le buzz…

Plus destructrice que la COVID ou mortelle que le VIH. C’est la forme humaine des bactéries qui mangent le cerveau. Ce ne sont pas des journalistes, ce sont des vecteurs d’idées répugnantes. Des porteurs malsains.

C’est CNews. C’est la sinistre trinité Morandini-Zemmour-Praud et les mouches chroniqueuses qui volent autour…

Et pour plagier Baudelaire j’ai envie d’écrire : Les bras en l’air, comme des bêtes maudites / Brûlants et suant les poisons / Ils ouvraient d’une façon nonchalante et cynique / Leurs gueules pleines d’exhalaisons

Ce billet est ma participation au jeu « Inktober with a keyboard », initié par Kozlika – Mot du jour : « Répugnant »)

2 réflexions au sujet de « Dégoût et des douleurs… »

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