Portes ouvertes

Inktober / blogtober – le mot du jour : Ouvert

Quand j’étais proviseur, j’avais pris l’habitude de travailler « portes ouvertes »…

Symboliquement, c’était une façon de matérialiser que j’étais là, que j’étais disponible, que je ne ressemblerais pas à ces chefs d’établissement dont je ne connaissais que la silhouette lointaine quand, élève, je me hasardais dans les couloirs de « l’Administration ».

Les élèves me connaissaient, ils me voyaient à la grille le matin à 8h00, ils me croisaient dans les couloirs, ils m’entendaient dans le hall… Je crois que certains ont connu le son de ma voix avant de savoir à quoi je ressemblais… En tout cas, je n’étais pas anonyme, j’étais réel…

Je l’annonçais comme une évidence quand j’arrivais dans un nouvel établissement : « ma porte sera toujours ouverte ». Il allait de soi évidemment que si ma porte était fermée, c’est que j’étais absent ou que j’étais en entretien.

Il allait de soi ? Pas pour tout le monde apparemment…

Les profs l’avaient bien compris même si certains d’entre eux – de la vieille école peut-être – passaient cependant toujours par le secrétariat pour s’assurer que j’étais effectivement disponible.

Mais j’ai parfois vu une tête d’élève ou de parent passer dans l’encadrement de la porte, sans même prendre la peine de frapper, pour me poser des questions parfois incongrues. J’étais alors obligé de rappeler quelques règles qui me paraissaient évidentes, ce qui, la plupart du temps, ne décontenançait pas mes interlocuteurs qui poursuivaient leurs questionnements. Tout le monde avait tellement bien gardé en tête la formule le bureau du proviseur vous est toujours ouvert…

La situation la plus caricaturale que j’ai eu à traiter reste celle de cette famille (la mère, le grand frère, la poussette du bébé et l’élève) qui entrèrent dans mon bureau, alors que la porte était fermée. Je bossais au calme sur une enquête quelconque mais urgente… Pas gênés, sans avoir frappé à la porte sur laquelle figurait quand même la plaque « PROVISEUR », sans se présenter évidemment, ils me demandèrent si le secrétariat pouvait leur délivrer un certificat de scolarité… Je me suis levé, suis allé voir ma secrétaire sidérée: Hélène, vous avez un instant s’il vous plait ? Vous pouvez préparer ce document pour ces personnes ?

Puis m’adressant à la famille : C’est bon, ma secrétaire va vous recevoir, suivez-moi je vous prie !

Et c’est Hélène, à la fois très gênée et peinant à contenir son envie de rire, qui les a accueillis en leur disant : Le monsieur là, vous savez, c’est pas l’agent d’accueil, c’est le proviseur !

Une fois en possession de leur papier, la mère, le grand frère, la poussette du bébé et l’élève sont repartis.

En traversant mon bureau…

Et en laissant la porte grande ouverte…

Ce billet est ma contribution au jeu d’écriture « Inktober with a keyboard » (encore appelé « Blogtober ». Demain, le mot du jour sera « Fuir ».

Une réflexion au sujet de « Portes ouvertes »

  1. Ping : Lectures des semaines 41 et 42 (du 11/10 au 24/10/21) – The Leto Blog

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s