Ma vie est un juke-box – Episode 2

J’ai décidé d’écrire une série de 30 billets sur le thème « ma vie en 30 chansons ». Pas de chronologie, mais 30 chansons qui ont marqué /accompagné 30 moments importants de ma vie que je choisis d’évoquer à la volée… Après tout, je l’ai assez écrit : ma vie est un juke-box…

C’était pendant l’année scolaire 73-74, j’étais en première et elle s’appelait Pascale. Pascale C. Un nom italien. Dans ma classe « littéraire », nous étions 24 ou 25 et j’étais le seul garçon. Pascale me fascinait avec son côté enfant sage que contredisait pourtant un regard malicieux et un sourire à faire damner le paradis. Pour Pascale, j’ai fait des heures sup’ en demandant à la prof de russe de pouvoir suivre les cours en « par curiosité ». Vous connaissez un prof qui dit non à un gamin qui s’intéresse à sa discipline ? Tout ça parce que Pascale faisait du russe…
De ces cours de russe, il me reste quelques bribes de souvenirs : je sais compter jusqu’à 10, je sais dire Bonjour monsieur (Zdrastvoytie), Je t’aime (Ya tibya lyoublyou), Merci beaucoup (Spassiba balchoï), C’est quoi ça ? (Chto eta takoï) » et… Je ne parle pas russe !  (Ya nié gavoriou parrouski)…

Pascale trouvait sans doute touchante cette attention que je lui portais, mais elle aimait un grand bêta musclé de la classe d’à côté. Et elle allait assister aux matchs de foot de son chéri alors qu’elle détestait ça…

J’étais encore bien branché variété à l’époque. La victoire d’ABBA à l’Eurovision m’avait enchanté, même si j’étais déçu pour Gigliola Cinquetti dont la chanson « Si » était si… inspirante…

C’est grâce à Pascale que, cette année-là, j’ai découvert les Eagles, Supertramp… et surtout David Bowie dont je ne connaissais jusqu’alors que The Jean Jeanie. En 1974 est sorti l’album Diamond dogs avec un flopée de titres devenus incontournables pour moi : Diamond Dogs, Rebel Rebel, 1984… Mais surtout « Rock’n’roll with me »…

C’est pourtant la découverte de Maxime le Forestier qui marque cette année-là. Il flottait une odeur d’anti-militarisme dans les cours des lycées à cette époque. Nous habitions à Saint-Dizier, parce que Papa était militaire et qu’il avait été muté à la BA 113, la base d’où seraient partis les Mirages porteurs de la bombe atomique française si… Autant dire que les idées de Maxime Le Forestier étaient un peu… dérangeantes. Papa était très conciliant et n’avait qu’une seule exigence à la maison : respecter l’armée puisque c’est elle qui nous faisait vivre… Maxime ne faisait pas partie de la playlist qu’on entonnait en voiture sur la route des vacances…

Mais au lycée, Pascale avait ce côté rebelle qui me troublait, et j’ai découvert grâce à elle des chansons « sulfureuses »…

Février de cette année-là
C’est le début de mon histoire
Bien avant ma première guitare
Quatre ans après Hiroshima

Février de cette année-là
Vietnam se disait Indochine
Un homme s’installait en Chine
Mais les chansons n’en parlaient pas

Février de cette année-là
La mort va-t-elle faire une trêve
Au cœur des hôpitaux en grève
Les journaux ne le disent pas

L’année suivante, je ne suis retrouvé en terminale L1 et Pascale en terminale L2. La composition des emplois du temps a rendu impossible ma participation aux cours de russe. Ma carrière de futur spécialiste des langues slaves s’est arrêtée aussi sec. Pascale a plaqué son bellâtre mais elle ne s’est pas pour autant rapproché de moi… Et j’ai continué à écouter Bowie et Le Forestier…

Maxime Le Forestier – Février De Cette Année-Là

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